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Représentation des barques du Trasimène,
entre réalisme et imaginaire
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Préambule
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Note du traducteur :
Il s’agit ici de la traduction d’un article original publié par mon ami Giorgio GIORGINI sur le site de l’ARBIT (Associazione Recupero Barche Interne Tradizionali).
Jean Wilmotte en a assuré la traduction.
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Réalisme
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Jaume Morera y Galicia
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La neige présente ces derniers jours sur le lac Trasimène, rappelle la peinture à l’huile (voir ci-dessous) de Jaume Morera y Galicia (1854-1927).
Ce peintre espagnol rejoignit Rome en 1873 et séjourna en Italie jusqu’en 1977.
La peinture à l’huile ci-dessous fut exécuté après son retour en Espagne.
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Probablement que le recours à des carnets de croquis explique la réalisation de ce paysage enneigé insolite.
Les trois barques sont incontestablement des barques du Trasimène.
On les reconnait à leur poupe taillée verticalement et à leur proue soulevée.
A l’intérieur de la barque de gauche, on entrevoit un bacaio ou baccaio (vivier permettant de stocker les poissons en les maintenant en vie pendant plusieurs jours).
Sur la rive, on voit plusieurs autres viviers recouvert par la neige.
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Le dessin (ci-dessous) du même auteur est d’un charme indéniable.
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Mais l’extraordinaire ambiance expressive est obtenu au détriment d’un certain réalisme.
L’auteur y montre des pêcheurs en train de se chauffer (ou de cuisiner?) autour d’un feu allumé au fond de la barque.
De même, les proportions entre les sujets et la barque sont incohérentes.
Et on a de la peine à identifier l’outil déposé à la proue.
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Markó Károly (Charles Markó le jeune)
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Ce peintre hongrois (1822-1891), qui appartient au style du réalisme, a vécu en Italie avec son père, Charles Markó l’ancien.
Charles Markó l’ancien (1793-1860) s’inscrit lui dans le style romantique.
Il a émigré en Italie en 1832 et a fondé une école de peinture en Toscane.
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Dans ce petit paysage (voir ci-dessus), on aperçoit la tour de Borghetto entourée d’arbres.
Dans le lointain, on peut distinguer les îles Maggiore et Minore.
A côté de la figure à peine stylisée d’une fermière, on aperçoit deux barques traditionnelles amarrées entre des pieux (voir 1er détail du tableau ci-dessous).

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Un peu plus à droite (voir 2ème détail ci-dessous), on observe une troisième barque qui se glisse à travers la canaie.
Au large, on entrevoit une quatrième barque avec deux hommes probablement en train de pêcher.
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Imaginaire
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Charles Vadur
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Cette aquarelle maniérée nous introduit dans le monde des représentations fantaisistes du Lac Trasimène et de ses barques.
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Les rives du lac et les montagnes en arrière-plan évoquent davantage un lac du nord de l’Italie, tandis que les barques ressemblent à celles du lac de Côme.
Le nombre de voiles au milieu du lac, nous confirment, s’il en était besoin, que l’auteur n’a très probablement jamais vu le Trasimène.
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Pietro Barucci
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Pietro Barucci (1845-1917) était un peintre paysagiste italien remarqué pour ses oeuvres représentant la campagne romaine.
Sa toile à l’huile (ci-dessous) est qualitativement supérieure à celle de Vadur.
Mais, ici aussi, l’artiste interprète très librement son sujet.
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Il est difficile de reconnaître le lac Trasimène dans cette anse marécageuse.
Par ailleurs, la forme de la barque évoque davantage celles des Marais Pontins ou de Fucecchio.
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Gerardo Dottori
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Gerardo Dottori (1884-1977), peintre italien futuriste, né et décédé à Pérouse (Perugia).
Dans le tableau (ci-dessous) de Dottori, le soin du détail est remplacé par un style austère qui évoque la réalité plutôt que de la “photographier”.
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Le lac, les arbres et les maisons tendent à un classicisme archaïque, comme la barque qui est réduite à un minimum d’éléments essentiels qui ne peuvent en aucune manière être assimilés aux caractéristiques des barques pourtant certainement connues de ce peintre pérugin.
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Conclusion
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Paradoxalement, à partir de ces quelques exemples, nous pouvons émettre l’hypothèse que plus éloigné est le lieu de naissance de l’artiste, plus grand est le soin qu’il met dans la reproduction des détails des barques traditionnelles du lac Trasimène…
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